Le Roi du Château
Glossaire
- ArdoiseRoche métamorphique qui se débite en feuilles minces, employée en couverture dans une grande partie du nord et de l'ouest de la France. Posée à recouvrement sur liteaux, elle dure largement plus d'un siècle, mais les fixations cèdent souvent avant l'ardoise elle-même.
- CharpenteStructure en bois de la toiture — chevrons, pannes, entraits et leurs assemblages — qui porte la couverture. Souvent en chêne dans les châteaux français, elle constitue fréquemment la partie la plus ancienne conservée, la couverture étant renouvelée bien plus souvent que la charpente.
- ChauxLiant des mortiers, enduits et badigeons anciens. Le mortier de chaux est plus tendre et plus perméable que la pierre qu’il accompagne : il encaisse les mouvements et laisse le mur sécher. Le remplacer par du ciment est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse sur une maçonnerie ancienne.
- Chemin de rondePassage aménagé au sommet d’une muraille, derrière le parapet, permettant de surveiller et de défendre le mur sur toute sa longueur. Beaucoup subsistent sur des châteaux jamais réellement fortifiés, conservés pour la silhouette.
- ColombagePan de bois dont les vides sont hourdés de brique, de torchis ou de plâtre. Fréquent en Normandie, en Alsace et en Val de Loire dans l'architecture domestique, et plus souvent dans les communs d'un château que dans le corps de logis.
- CommunsBâtiments de service d’un domaine — écuries, remises, fournil, buanderie, logements du personnel — généralement groupés autour d’une cour propre, à l’écart du corps de logis. Sur les domaines protégés, les communs font souvent l’objet d’une protection distincte, ou d’aucune.
- Corps de logisBâtiment principal d'habitation d'un château, distinct des tours, des ailes et des communs. Dans le plan classique, il s'agit du corps central donnant sur la cour d'honneur, les pièces d'apparat occupant le premier étage.
- DonjonTour maîtresse d’un château, la plus solide et généralement la plus haute, abritant le logis seigneurial et l’ultime défense. Dans le bâti français, le donjon est souvent l’élément le plus ancien conservé, les corps de logis ayant été rebâtis autour.
- DouvesFossé, en eau ou à sec, entourant un édifice fortifié. De nombreux châteaux tardifs conservent des douves d'agrément plutôt que défensives ; elles restent déterminantes pour l'édifice, car elles commandent la circulation de l'eau autour des fondations.
- ÉchauguettePetite tourelle en encorbellement à l'angle ou sur le mur d'une fortification, offrant au guetteur une vue le long du parement. Les châteaux tardifs en conservent la forme comme accent décoratif aux angles d'un pavillon ou d'une terrasse.
- GentilhommièrePetite demeure de campagne de la petite noblesse : plus vaste et plus ordonnée qu’une ferme, plus modeste qu’un château. Le mot décrit un rang plus qu’un type de bâtiment, d’où le fait qu’une même maison figure tantôt comme manoir, tantôt comme château dans les registres.
- LucarneBaie verticale ouverte dans un comble, dotée de sa propre couverture et de ses joues. Dans les châteaux français, la lucarne est souvent l'élément le plus orné de l'élévation ; sa jonction avec la couverture est une source fréquente d'infiltrations.
- MâchicoulisParapet en saillie porté par des corbeaux, percé d'ouvertures entre ceux-ci permettant d'agir sur les assaillants au pied du mur. À partir du XVe siècle, il subsiste surtout comme motif décoratif marquant le rang nobiliaire.
- MeurtrièreOuverture verticale étroite, ébrasée vers l’intérieur, offrant à l’archer un large champ de tir par une cible réduite. Sa forme date précisément un mur, car elle a suivi l’évolution des armes — les versions tardives s’élargissent à la base pour les armes à feu.
- OrangerieBâtiment de jardin allongé, exposé au sud et percé de hautes baies, destiné à hiverner agrumes et plantes fragiles en caisses. À partir du XVIIe siècle, elle devient une pièce d’architecture à part entière ; c’est aujourd’hui souvent la partie d’un domaine aménagée pour l’événementiel.
- PavillonCorps de bâtiment distinct, généralement carré et couvert d'un toit propre, qui termine ou rythme une aile. La composition pavillon/aile constitue la grammaire de base du plan classique français à partir du XVIIe siècle.
- Pierre de taillePierre taillée à faces dressées et posée à joints fins, par opposition à la maçonnerie de moellons. La qualité d'une élévation tient largement à la précision de la taille et à la finesse des joints, de quelques millimètres seulement dans le travail ancien.
- TuffeauCalcaire tendre, clair et très poreux, extrait dans les vallées de la Loire et du Cher ; pierre de construction caractéristique des châteaux de la Renaissance ligérienne. Facile à tailler, il s'altère par desquamation sous l'effet du gel, d'où la nécessité de mortiers de chaux et de finitions perméables.